Au Népal, les jeunes au chômage se pressent pour obtenir un emploi de policier, même temporaire
Ruée sur les commissariats au Népal: des dizaines de milliers de jeunes en quête d'emploi se pressent depuis plusieurs jours dans tout le pays dans l'espoir de décrocher un poste temporaire de policier pour les législatives du 5 mars.
Ces agents seront chargés d'assurer le bon déroulement du scrutin anticipé, convoqué dans la foulée des émeutes meurtrières qui ont causé la chute de l'ex-Premier ministre d'inspiration maoïste KP Sharma Oli en septembre.
La police souhaite en recruter un total de 149.090, a indiqué à l'AFP un de ses porte-parole, Abinarayan Kafle.
Ouvert vendredi dernier, le dépôt des candidatures se poursuit jusqu'à ce jeudi, suscitant un vif intérêt. Plus de 27.000 demandes ont été enregistrées les deux premiers jours, s'est réjoui M. Kafle.
Dimanche, il étaient ainsi des milliers, pour l'essentiel des jeunes, étirés sur des centaines de mètres pour déposer un dossier devant le principal poste de police de la capitale Katmandou, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Parmi eux, Sarika Karki, une jeune femme de 20 ans qui a participé aux manifestations antigouvernementales des 8 et 9 septembre initiées par les jeunes pour dénoncer, entre autres, la corruption des élites et le chômage.
"Je fais partie de la Génération Z mais je n'ai pas de travail", a-t-elle expliqué à l'AFP, "alors j'ai déposé une candidature pour me faire un peu d'argent".
Les emplois offerts par la police sont rémunérés l'équivalent de 280 dollars pour quarante jours de service.
Selon la Banque mondiale, le chômage touche 12,5% de la population active du pays himalayen - 30 millions d'habitants - essentiellement les jeunes de 15 à 24 ans dont plus d'un quart n'ont pas d'emploi.
Environ 2,5 millions de Népalais sont contraints de travailler à l'étranger, notamment dans les pays du Golfe persique, pour subvenir aux besoins de leur famille.
Les transferts d'argent de ces migrants à leurs famille représentent un tiers du produit intérieur brut (PIB) du pays.
Les émeutes des 8 et 9 septembre ont été sévèrement réprimées par les forces de sécurité, faisant au moins 77 morts et plusieurs centaines de blessés.
Elles ont causé la destruction de nombreux bâtiments publics, notamment le Parlement, des commerces ou des entreprises. Un bilan officiel a fait état de 586 millions de dollars de dégâts et de 15.000 emplois perdus.
"J'étais cuisinier dans un hôtel et je suis sans travail désormais", a indiqué à l'AFP un autre candidat à un emploi de policier, Nischal Poudel, 30 ans. "Je ne sais pas si ma candidature sera retenue mais je suis sûr que si je fais quelque chose, cela mérite salaire".
J.Szymanski--GL