Wall Street ouvre en nette baisse, plombée par la chute d'Alphabet et Tesla
La Bourse de New York évoluait en franche baisse jeudi, minée par la chute des géants Alphabet (Google) et Tesla après leurs résultats trimestriels, sur fond de nouvelle flambée des prix du pétrole.
Vers 14H20 GMT (16H20 à Paris), l'indice Nasdaq - qui regroupe les valeurs technologiques - perdait 1,89%, l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,97% et le Dow Jones lâchait 0,88%.
"Alphabet a annoncé des résultats nettement supérieurs aux prévisions, mais le titre évolue en baisse" jeudi, résument les analystes de Briefing.com.
Le titre cédait 6,52% à 319,78 dollars, soit plus de 200 milliards de dollars de valorisation boursière envolés.
"Les investisseurs s'inquiètent d'une nouvelle révision à la hausse des prévisions d'investissement de la société" dans l'intelligence artificielle (IA), expliquent-ils.
Le groupe vise désormais une fourchette comprise entre 195 et 205 milliards de dollars pour l'ensemble de l'exercice 2026, contre 180 à 190 milliards jusqu'ici, via notamment ses activités d'informatique à distance.
Depuis plusieurs mois, les marchés doutent pourtant de la rentabilité des sommes massives consacrées à l'IA par ces mastodontes de la tech.
"Les investisseurs semblent aussi se focaliser sur les flux de trésorerie, qui sont désormais devenus négatifs", explique à l'AFP Jack Ablin, analyste de Cresset.
En parallèle, le spécialiste des véhicules électriques Tesla dégringolait de 11,10% à 332,51 dollars.
Il a annoncé mercredi un bénéfice net inférieur aux attentes au deuxième trimestre malgré un bond des ventes.
"L'augmentation des dépenses consacrées à l'intelligence artificielle, à la robotique et aux technologies de conduite autonome a pesé sur la rentabilité" du groupe, estime David Morrison, du courtier Trade Nation.
Outre Tesla et Alphabet, les autres "Sept Magnifiques" - surnom donné aux poids lourds américains du secteur technologique - étaient dans le rouge (Nvidia -1,40%, Apple -1,95%, Amazon -3,39%, Microsoft -0,33%, et Meta -2,50%).
La place américaine pâtit également d'une nouvelle flambée des prix du pétrole, alors que le conflit au Moyen-Orient semble s'étendre en mer Rouge, les rebelles houthis du Yémen ayant revendiqué des attaques visant des pétroliers saoudiens dans la zone.
Le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars, une première depuis fin mai.
"Les investisseurs craignent que ce conflit ne prenne pas fin", et que "les prix élevés du pétrole se répercutent durablement sur l'inflation", note Jack Ablin. "Et il ne s'agira pas simplement d'une hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie", ajoute l'analyste. "Cela peut avoir des répercussions profondes" sur toute l'économie.
La hausse des cours de l'or noir pèse ainsi sur le marché obligataire.
Le taux d'emprunt de l'État américain à échéance dix ans se tendait nettement à 4,70% contre 4,65% la veille en clôture, au plus haut depuis janvier 2025.
Lorsque les perspectives d'inflation augmentent, les investisseurs demandent un retour sur investissement plus élevé afin de conserver leurs marges.
Au tableau des valeurs, la compagnie aérienne American Airlines (-8,22% à 13,57 dollars) chutait après avoir annoncé jeudi un bénéfice net en fort repli sur un an au deuxième trimestre, plombé par une facture de kérosène ayant gonflé de plus de 80%, mais supérieur aux attentes.
A l'inverse, le groupe de défense Lockheed Martin (+11,44% à 573,18 dollars) s'envolait, aidé notamment par une révision à la hausse de ses prévisions annuelles, notamment grâce à la production de munitions.
M.Bartosz--GL