L'Ukraine en alerte aux missiles, au moins quatre morts à Kiev
La Russie a mené des bombardements d'ampleur dans la nuit de jeudi à vendredi sur l'Ukraine, où les autorités ont fait état d'au moins quatre morts à Kiev et d'une frappe de missile à vitesse hypersonique dans l'ouest.
Le président Volodymyr Zelensky avait prévenu jeudi soir du risque d'une "attaque massive russe" imminente après que la Russie a rejeté un plan européen du déploiement d'une force multinationale en Ukraine après une éventuelle fin de la guerre.
A Kiev, le maire Vitali Klitschko, a fait état sur Telegram de plusieurs immeubles résidentiels frappés par des drones, quatre morts et 10 blessés à la clé.
Parmi les morts figure un secouriste déployé sur l'un des sites touchés, tué par une nouvelle frappe de drone, a-t-il précisé, évoquant aussi des infrastructures endommagés et des coupures de courant.
Le chef de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, a précisé que "l'ennemi attaque massivement Kiev avec des drones explosifs".
A l'échelle nationale, l'armée de l'Air a lancé une "alerte aux missiles à travers toute l'Ukraine", évoquant des missiles balistiques provenant de la base de Kaspoutine Iar, à quelque 400 kilomètres à l'est de la frontière.
A l'ouest, la ville de Lviv a fait l'objet dans la nuit d'une "frappe de missile", a indiqué le chef de l'administration de Lviv, Maksym Kozytsky, sans faire état de victimes.
Selon le maire de la ville, AndriÏ Sadovyï, "une infrastructure critique" non précisée a été touchée.
Le commandement occidental de l'armée de l'Air a évoqué de son côté une frappe sur Lviv intervenue à 23H47 (21H47 GMT) avec un missile balistique se déplaçant à une vitesse hypersonique de 13.000 km/h.
Il a cependant précisé que "le type de missile avec lequel les agresseurs russes ont attaqué la ville sera confirmé après étude de ses éléments".
- "Déclarations militaristes" -
Cette frappe, près de la frontière de la Pologne, membre de l'UE, intervient alors que les autorités ukrainiennes redoutent une nouvelle attaque à l'aide du missile hypersonique russe Orechnik.
Ce dernier peut, selon Vladimir Poutine, atteindre la vitesse de Mach 10, soit plus de 12.000 km/h.
Il a été déployé mi-décembre au Bélarus, pays allié de la Russie, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko.
L'arme, capable de frapper avec des ogives nucléaires des cibles à plusieurs milliers de kilomètres, a été utilisée pour la première fois avec des têtes conventionnelles en 2024 contre la ville de Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine
Près de quatre après le lancement de l'offensive à grande échelle du Kremlin, Moscou continue de bombarder l'Ukraine, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays : plus d'un million d'habitants du centre de l'Ukraine ont été privés jeudi d'eau et de chauffage, par des températures glaciales, après des frappes nocturnes de drones.
Dans la journée de jeudi, une attaque russe a par ailleurs tué une femme de 77 ans et fait 24 blessés dont six enfants dans la seule ville de Kryvyï Rig (centre), selon un bilan tôt vendredi du maire, Oleksandre Vilkoul.
Ces nouvelles frappes interviennent alors que les discussions diplomatiques impulsée par Donald Trump ces derniers mois sur ce conflit semblent bloquées.
Moscou a rejeté jeudi un plan européen de déploiement d'une force multinationale destinée à garantir la sécurité de l'Ukraine après une éventuelle fin de la guerre.
"Les nouvelles déclarations militaristes de la soi-disant Coalition des volontaires et du régime de Kiev font d'eux un véritable +axe de la guerre+", a dénoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
Il s'agissait de la première réaction de Moscou depuis le sommet sur les garanties de sécurité pour Kiev ayant réuni mardi à Paris les 35 pays membres de la "Coalition des volontaires", essentiellement européens, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky et le soutien de Washington.
Ils se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à la surveillance d'un potentiel cessez-le-feu sous "leadership" américain, une fois conclu un hypothétique accord avec la Russie.
B.Ziolkowski--GL