Irlande: des milliers d'agriculteurs manifestent contre l'accord UE-Mercosur
Plusieurs milliers d'agriculteurs se sont rassemblés samedi à Athlone dans le centre de l'Irlande pour protester contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Non UE-Mercosur" et "Soutien à l'agriculture irlandaise" pouvait-on lire sur des pancartes accrochées sur certains des nombreux tracteurs qui ont convergé vers la petite localité située à mi-chemin entre Dublin et Galway, au lendemain du feu vert européen.
Samedi, la colère ne retombait pas non plus en France, avec plusieurs actions lancées, notamment au port du Havre (ouest). La veille, des manifestations et actions d'agriculteurs ont eu lieu également en Pologne et Belgique.
En Irlande, les agriculteurs s'inquiètent notamment de la concurrence issue de l'importation de viande de bœuf à moindre prix.
Le principal syndicat agricole, l'Irish farmers association (IFA) a jugé "très décevant" le feu vert européen et appelé les députés à s'y opposer.
"Nous sommes supposés être en concurrence avec de la viande qui est produite selon des normes totalement différentes que celle que nous avons ici", s'est insurgé auprès de l'AFP Francie Gorman, le président de l'IFA, présent à Athlone au rassemblement organisé par le parti conservateur Independant Ireland.
Il veut croire qu'"il y a de bonnes chances que (l'accord) puisse être stoppé au Parlement européen" si la mobilisation continue.
"Nous ne voulons pas de bœuf brésilien importé dans le pays, nous pensons juste qu'il est important d'être ici aujourd'hui pour nous faire entendre et l'empêcher", a abondé Seamus Kelly, éleveur de 43 ans.
Le Parlement européen doit encore se prononcer sur le texte, négocié depuis plus de 25 ans entre l'UE et le bloc sud-américain du Mercosur, qui comprend le Brésil, le Paraguay, l'Argentine et l'Uruguay.
Il créerait l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.
Pour ses défenseurs comme l'Allemagne et l'Espagne, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, en supprimant une large part des droits de douane, ce qui favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages.
Vendredi, le vice-Premier ministre irlandais Simon Harris a assuré que le gouvernement "continuerait à exposer (ses) préoccupations" au niveau européen.
J.Kalinski--GL