La Corée du Nord a tiré des missiles balistiques, selon Séoul qui exhorte à la "paix"
La Corée du Nord a procédé dimanche à des tirs d'essai de plusieurs missiles balistiques à courte portée, selon l'armée de Corée du Sud, dont le gouvernement, qui s'efforce d'apaiser la relation bilatérale sans succès, a exhorté Pyongyang à cesser ces "provocations successives" et à cheminer vers "la paix".
Ces tirs portent à six le nombre de tests de missiles balistiques connus réalisés par la Corée du Nord depuis le début de l'année, alors que l'ONU interdit en principe à ce pays d'utiliser ces engins.
"Nos forces armées ont détecté plusieurs missiles balistiques non identifiés tirés en direction de la mer de l'Est depuis la région de Sinpo, en Corée du Nord, vers 6H10 (21H10 GMT)", a d'abord indiqué l'état-major interarmées sud-coréen dimanche, faisant référence au nom coréen de la mer du Japon.
Il a ensuite précisé qu'il s'agissait de missiles de courte portée.
"Les missiles ont parcouru environ 140 kilomètres, et les services de renseignement sud-coréens et américains procèdent actuellement à une analyse détaillée de leurs caractéristiques techniques exactes", a-t-il détaillé.
La Corée du Sud "ripostera de manière écrasante à toute provocation", a encore assuré l'état-major.
La présidence sud-coréenne a indiqué avoir tenu une réunion d'urgence sur la sécurité après ces tirs.
"Pyongyang doit immédiatement mettre un terme à ses provocations successives par des tirs de missiles qui ne font qu'exacerber les tensions", a déclaré le ministère de la Défense de Séoul dans un communiqué.
Le Nord devrait "s'associer activement aux efforts du gouvernement sud-coréen visant à instaurer la paix", a-t-il ajouté.
Ces derniers essais interviennent alors que la Corée du Nord reste sourde aux gestes du président de centre-gauche sud-coréen Lee Jae Myung pour tenter d'améliorer les relations, devenues exécrables sous le gouvernement de son prédécesseur de droite Yoon Suk Yeol.
- Dos tourné -
Séoul a notamment exprimé début avril des regrets après l'incursion de drones civils en Corée du Nord en janvier, un geste initialement qualifié de "comportement très heureux et sage" par Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen. Mais un haut responsable nord-coréen a ensuite décrit la Corée du Sud comme "l'État ennemi le plus hostile" à Pyongyang, reprenant une formule déjà utilisée par Kim Jong Un.
Les deux Etats n'ont jamais signé de traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953), qui s'est soldée par un armistice.
Les 6, 7 et 8 avril, Pyongyang s'était livrée au test de plusieurs systèmes d'armes, dont des missiles balistiques, avait rapporté son agence de presse officielle KCNA.
Le 14 avril, KCNA avait rendu compte d'un essai de missiles de croisière depuis un destroyer en mer Jaune, en présence du dirigeant Kim Jong Un.
Les sanctions imposées par les Nations unies à la Corée du Nord pour son programme d'armement nucléaire lui interdisent en principe le tir de missiles balistiques, qui effectuent la majeure partie de leur trajectoire dans l'espace. Les missiles de croisière, qui restent dans l'atmosphère, demeurent autorisés.
La Corée du Nord considère son programme d'armes nucléaires et de missiles balistiques comme une assurance-vie face aux volontés d'invasion qu'elle prête à la Corée du Sud et aux Etats-Unis.
Mercredi, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, avait fait état d'une "augmentation très inquiétante" des capacités nucléaires de la Corée du Nord, estimées selon lui à "quelques dizaines d'ogives".
M.Bartosz--GL