Nouvelle attaque de drones ukrainiens contre des entrepôts du géant de l'e-commerce russe
Une nouvelle attaque de drones ukrainiens a touché vendredi des entrepôts du géant russe du commerce en ligne Wildberries, cette fois à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), a annoncé le groupe visé pour la troisième fois en quelques jours.
Quelques heures plus tard, des explosions ont secoué la capitale ukrainienne Kiev, ont constaté des journalistes de l'AFP, après que les autorités ont émis une alerte aux missiles russes, rare en plein jour.
La frappe ukrainienne menée à Saint-Pétersbourg a provoqué un important incendie et une journaliste de l'AFP a vu un panache de fumée grise s'élever au-dessus d'immeubles de la deuxième ville de Russie, distante de plus de 800 kilomètres de la frontière avec l'Ukraine.
"Aujourd'hui, une attaque a eu lieu contre nos centres logistiques à Chouchary, Outkina Zavod", situés à Saint-Pétersbourg et dans la région de Leningrad qui l'entoure, a indiqué dans un communiqué Tatiana Kim, PDG de Wildberries, en précisant qu'un autre entrepôt du groupe a été visé à Simféropol, en Crimée.
"Nous avons réussi à préserver une partie des surfaces et des marchandises", a-t-elle assuré.
Pour sa part, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé sur X que les entrepôts touchés par les frappes ukrainiennes approvisionnaient l'armée russe "avec des composants de drones, des équipements de navigation et des matériels militaires".
Le Kremlin avait précédemment démenti tout lien entre Wildberries et l'armée russe.
- "Affreux!" -
Vendredi matin, "Saint-Pétersbourg a été attaquée par des véhicules aériens sans pilote à usage militaire", selon le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov.
Le gouverneur de la région limitrophe de Leningrad, Alexandre Drozdenko, a annoncé lui qu'un entrepôt de Wildberries était en flammes à la suite d'une frappe de drones qui a fait "trois blessés". Selon lui, 59 drones ukrainiens avaient été abattus.
Une enquête pour "attentat" contre "des infrastructures civiles, parmi lesquelles un centre logistique", a été ouverte, selon un communiqué du Comité d'enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays.
Au total, la Russie a abattu dans la nuit 571 drones ukrainiens au-dessus d'une quinzaine de ses régions et la péninsule de Crimée annexée, selon le ministère russe de la Défense.
"C'est affreux! Ce qui se passe me fait peur", a confié à l'AFP Svetlana, caissière à Saint-Pétersbourg. "J'aimerais que la paix s'instaure, mais vous voyez ce qu'ils (les Ukrainiens, ndlr) font", ajoute cette femme de 30 ans.
Pour Anna, professeure de 50 ans, "ces frappes visant des sites civils ne font qu'irriter davantage les gens", au point, selon elle, que même ceux opposés à la guerre commencent à souhaiter qu'elle se poursuive.
- "Sanctions à longue portée" -
Il s'agit de la troisième attaque ukrainienne en une semaine contre des sites appartenant à Wildberries, très populaire en Russie, et surnommée "l'Amazon russe".
Une attaque menée contre ses entrepôts dans la nuit du 18 au 19 juillet dans la région de Tambov (à environ 480 km au sud-est de la capitale russe) et celle de Moscou avait tué au total huit employés de l'équipe de nuit et provoqué des incendies qui avaient pratiquement détruit les installations.
Dans la nuit du 21 au 22 juillet, des centres logistiques de Wildberries ont aussi été attaqués à Krasnodar et Nevinnomyssk, dans le sud de la Russie.
L'Ukraine frappe de plus en plus des villes russes éloignées de la frontière en représailles aux frappes quotidiennes de Moscou dans le cadre de son offensive lancée en février 2022.
Cette campagne, que Kiev qualifie de "sanctions à longue portée", a principalement visé les infrastructures pétrolières russes et a déclenché une crise du carburant dans l'un des plus grands pays producteurs de pétrole au monde.
Depuis le mois de juin, près de 90% des régions russes ont connu un rationnement ou des pénuries de carburant, selon un comptage de l'AFP reposant sur les déclarations des autorités locales et des médias.
L'Ukraine a aussi visé de nombreux navires russes circulant en mer d'Azov et en mer Noire, obligeant la Russie à examiner des routes de transport alternatives pour ses exportations.
B.Michalski--GL