Avec l'IA, les cyberattaques toujours plus efficaces et coûteuses (étude)
Les cyberattaques deviennent de plus en plus sophistiquées et automatisées notamment du fait de la révolution de l'IA, causant des dommages majeurs aux entreprises, alerte le réassureur Munich Re dans une étude publiée mercredi.
"Si la cybercriminalité était un pays, elle serait la troisième économie mondiale", derrière les Etats-Unis et la Chine, engendrant des pertes globales projetées à 14.000 milliards de dollars en 2028, selon des chiffres du cabinet d'analyse de marché Statista, repris par le réassureur.
Dans un contexte de menace devenant systémique, "l'automatisation joue désormais un rôle central", explique à l'AFP Martin Kreuzer, responsable des risques cyber chez Munich Re.
Les assaillants utilisent l'intelligence artificielle pour rendre leurs attaques "plus efficaces et mieux ciblées", avec des systèmes capables d'"agir de manière autonome, prendre des décisions et même contourner des mécanismes de défense", ajoute-t-il.
Cela inclut des e-mails de phishing hautement personnalisés, des logiciels malveillants générés automatiquement, des deepfakes, clones vocaux et identités synthétiques qui paraissent totalement crédibles.
Les cyberattaques les plus répandues restent les rançongiciels, où les hackers bloquent les systèmes et demandent de l'argent pour les libérer : leur nombre a augmenté de 50% en 2025 et la tendance continue en 2026, malgré l'arrestation d'acteurs majeurs, note l'étude.
Les attaques coordonnées via des réseaux de machines piratées, pour saturer les réseaux, ont aussi plus que doublé en 2025 et se démocratisent grâce à des services proposés à la location.
Les cybercriminels ont en commun de vouloir "atteindre leurs objectifs aussi vite que possible et avec un gain maximal", selon M.Kreuzer.
A un niveau avancé, des criminels collaborent avec des États, masquant l'origine des attaques et accélérant les opérations mondiales.
"Nous observons ici à la fois une évolution des outils et des méthodes, jusqu'à la guerre hybride, motivée par des enjeux géopolitiques", quand "la désinformation est de plus en plus utilisée comme une arme", selon l'expert.
Enfin, si l'attention du public se concentre encore sur les grandes entreprises, "la majorité des incidents et sinistres cyber touche des micro-entreprises et des PME", note l’étude.
Comparé aux risques de catastrophes naturelles, pour lesquels près de la moitié de l'ensemble des dommages devraient être assurés en 2025, "le niveau de couverture d'assurance pour les risques cyber reste largement insuffisant, avec seulement une fraction de ce montant", souligne Martin Kreuzer.
N.Piotrowski--GL