La Bourse de Paris termine en recul après l'emploi américain
La Bourse de Paris a fini en légère baisse vendredi, après un rapport sur l'emploi plus solide qu'attendu en mai aux Etats-Unis, qui a mis fin à tout espoir de baisse des taux dans la première économie mondiale.
Le CAC 40 a perdu 0,32% à 8.218,24 points, soit un recul de 26,05 points. La veille, l'indice vedette parisien a progressé de 0,77%.
Sur l'ensemble de la semaine, l'indice a grappillé 0,43%.
Les Etats-Unis viennent de connaître trois mois d'affilée de solides créations d'emplois et de taux de chômage modeste, selon des données officielles publiées vendredi. En mai, 172.000 créations nettes d'emplois ont été enregistrées.
C'est nettement plus que les 105.000 anticipés par les investisseurs cités par la plateforme financière Factset. Le chômage est par ailleurs resté stable à 4,3%.
Tout cela permet "d'éliminer toute perspective de baisse des taux, et même justifier un resserrement" de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), explique à l'AFP Gilles Guibout, responsable de plusieurs comptes chez BNP Paribas AM.
Un marché de l'emploi solide est la preuve d'une activité économique qui reste dynamique. Dans ce cas, une banque centrale peut difficilement justifier des taux bas pour soutenir la croissance.
D'autant que la Fed est déjà sous pression pour, au contraire, relever ses taux, en raison de la remontée actuelle de l'inflation provoquée par la flambée du pétrole depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
La prochaine réunion de l'institution monétaire aura lieu les 17 et 18 juin, et sera la première de son nouveau président, Kevin Warsh, dont la nomination a été proposée par Donald Trump.
Ce dernier réclame à cor et à cri des baisses de taux depuis plusieurs mois.
Mais "si Kevin Warsh espérait engager une baisse des taux à son arrivée, cette perspective semble désormais exclue", abonde Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro IS.
Côté obligataire, le taux d'intérêt à échéance dix ans de l'emprunt français a grimpé à 3,69%, contre 3,67% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 3,03%, contre 3,02% jeudi soir.
Les valeurs liées à l'IA reculent
Le secteur des semi-conducteurs, qui a flambé ces dernières semaines en raison de l'enthousiasme des marchés concernant les investissements dans l'intelligence artificielle, cède du terrain, sur fond de prises de bénéfices après ces fortes hausses.
En France, STMicroelectronics a perdu 5,87% à 62,81 euros, et Soitec 6,29% à 146,65 euros.
Les spécialistes d'infrastructures électriques, dont les perspectives de croissance sont très liées à leurs activités relatives aux centres de données pour l'IA, ont aussi reculé. Schneider Electric a cédé 4,54% à 269,05 euros et Legrand 2,27% à 144,00 euros.
L.Sobczak--GL