L'inflation s'est un peu calmée aux Etats-Unis avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient
Le reflux des prix à la pompe a permis le mois dernier de modérer l'inflation aux Etats-Unis, cette accalmie étant ternie par la reprise des hostilités au Moyen-Orient ces derniers jours, qui ont fait repartir les cours du pétrole à la hausse.
L'indice des prix à la consommation (CPI) a ralenti à 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% en mai, selon les données officielles publiées mardi.
L'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a aussi ralenti à 2,6% sur un an, contre 2,9% le mois précédent.
Ces données sont nettement meilleures que ce qui était attendu par les investisseurs.
Le rythme reste toutefois bien au-dessus de l'objectif de la Réserve fédérale américaine (Fed). Surtout, ce reflux est largement dû au recul du prix de l'essence (-9,7% sur un mois) qui avait suivi la détente diplomatique entre Washington et Téhéran.
Les hostilités ont depuis repris dans le Golfe. Les cours mondiaux du pétrole ont rebondi, augurant des répercussions jusque dans les stations-service américaines.
"C'est le recul des prix de l'énergie qui a entraîné la baisse des chiffres de l'inflation. Or nous faisons face aujourd'hui à une nouvelle hausse des prix de l'énergie", a relevé auprès de l'AFP Sam Stovall, analyste chez CFRA.
- Très chers billets d'avion -
La guerre, impopulaire aux Etats-Unis, a mis sous pression l'exécutif américain à quelques mois d'élections nationales.
Le président Donald Trump avait fait de l'amélioration du pouvoir d'achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024.
Le mois dernier, il ne s'était pas ému de l'inflation, au plus haut depuis trois ans, livrant même une réaction inattendue: "Les chiffres étaient supers (...) j'aime l'inflation", avait-il lancé, avant d'assurer que celle-ci allait "tomber comme une pierre" une fois le conflit terminé.
Les nouvelles données ont suscité un ouf de soulagement du côté des marchés financiers car elles éloignent la perspective d'une hausse très prochaine des taux d'intérêt de la Fed.
La veille, un des plus hauts responsables monétaires américains, le gouverneur Christopher Waller, avait indiqué qu'il soutiendrait "à court terme" un resserrement si l'inflation sous-jacente continuait d'aller dans la mauvaise direction. Ce n'est donc pas le cas.
Il avait souligné que l'énergie n'était qu'une des sources de pression inflationniste sur la première économie mondiale, au côté des droits de douane mis en place par Donald Trump mais aussi de la frénésie autour de l'intelligence artificielle (IA) et des centres de donnés qui fait augmenter les coûts des équipements de climatisation et des composants électroniques.
Au quotidien, les Américains dépensent plus pour se loger (+2,8% sur un pour les loyers), se vêtir (+3,9%), se nourrir (+3%). Les fruits et légumes, en particulier, sont 5,3% plus cher qu'en juin 2025.
Mais c'est la guerre au Moyen-Orient et ses ramifications qui continuent de peser le plus lourd: l'énergie dans son ensemble a augmenté de près de 16% sur un an, les billets d'avion sont en hausse de plus de 26%.
I.Wroblewski--GL