Les Bourses en hausse grâce à un répit dans l'envolée des taux
Les Bourses européennes ont terminé en hausse jeudi, emportées par Wall Street grâce à un répit dans l'envolée des taux d'intérêt.
La baisse des taux a été enclenchée par les propos rassurants d'un gouverneur de la Réserve fédérale, dans l'attente des chiffres du mois d'août sur l'inflation américaine le 11 septembre, avant la prochaine réunion quelques jours plus tard.
"S'il y a des progrès continus vers notre objectif de 2%, je suis alors prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel (3,75% ndlr)", a déclaré Christopher Waller, lors d'un événement organisé par Reuters. "Mais si l'inflation ressort élevée, j'envisagerai une hausse des taux".
Christopher Waller "est l'un des plus influents" parmi les douze membres du comité de politique monétaire de la Fed, "un des vrais économistes de métier", insiste Bastien Drut, stratégiste chez CPR Asset Management.
Son discours "change la donne" après le discours offensif du président de la Fed Kevin Warsh vendredi dernier, rappelle-t-il, joint par l'AFP. La probabilité d'un resserrement monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed est ainsi passée de 65 à 50%, selon lui.
Les bons du Trésor américain à dix ans affichaient un rendement de 4,74% contre 4,78% la veille.
En Europe, le "Bund" allemand à dix ans, une référence dans la zone euro, revenait à 3,34% contre 3,37% la veille.
En France, les OAT à dix ans promettaient 4,20% de rendement aux investisseurs, contre 4,25% la veille.
Jeudi, la France a emprunté 6,29 milliards d'euros à 4,23% sur dix ans contre 3,90% en août.
Malgré sa dette, la France séduit toujours les investisseurs, qui offraient au total 15,275 milliards d'euros sur cette maturité lors de la traditionnelle adjudication de l'Agence France Trésor chaque premier jeudi du mois.
Résultat du répit sur les taux: le marché des actions reprenait des couleurs à New York sur les trois indices principaux vers 16H00 GMT (Dow Jones +1,20%, Nasdaq Composite +1,40% et S&P 500 +1,05%).
- Nvidia se renforce dans l'IA -
Première capitalisation mondiale, le fabricant de puces Nvidia progressait (+1,40%) après sa grosse annonce du jour.
Le géant américain des semi-conducteurs va prendre le contrôle de la plateforme franco-américaine d'intelligence artificielle (IA) Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars.
Avec ce rachat, Nvidia se positionne encore davantage au coeur du développement de l'intelligence artificielle (IA) avec des participations, acquisitions ou garanties chez ses clients.
Le coût des investissements dans l'IA place les entreprises en concurrence avec les Etats sur le marché de l'offre d'épargne et de l'émission de dettes, ce qui explique aussi la hausse des taux d'intérêt.
"À fin juillet, la dette obligataire des entreprises américaines atteint 11.500 milliards de dollars, en hausse de 7 % sur un an. Celle du Trésor progresse de 6,6%, à 19.100 milliards", résume dans une note Florian Ielpo de la banque Lombard Odier. "Les deux emprunteurs avancent au même rythme, et ils s'adressent aux mêmes investisseurs".
Cette "compétition entre émetteurs publics et privés" provoque "une tension sur les taux", développent les analystes de Natixis Mabrouk Chetouane et Romain Aumond.
La baisse des taux a également dopé les marchés boursiers en Europe, où les investisseurs ont déjà intégré un nouveau durcissement de la politique monétaire dans la zone euro lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE).
Paris a terminé à l'équilibre (+0,07%) alors que Milan (+0,88%), Londres (+0,70%) et Francfort (+0,50%) ont progressé plus franchement.
- Le pétrole modère sa hausse -
Sur le marché de l'énergie, le pétrole ralentissait sa remontée vers la ligne des 100 dollars et le gaz reculait, dans l'attente de nouveaux développements au Moyen Orient.
Vers 16H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut, s'échangeait à 95,95 dollars le baril (+0,33%) et le WTI américain à 91,59 dollars (+0,64%).
L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, faisant fi de menaces de Donald Trump, dans un énième regain d'hostilités au Moyen-Orient.
Sur le marché des changes, le yen continuait son redressement, porté par les spéculations autour d'un relèvement des taux directeurs japonais en septembre et d'une possible intervention de Tokyo sur le marché des changes, ainsi que par la faiblesse du dollar.
Vers 16H00 GMT, la monnaie nippone bondissait de 2,00% par rapport au billet vert à 155,48 yens pour un dollar, après s'être déjà envolée la veille. En deux jours, le yen a gagné près de 3% par rapport à la devise américaine.
Y.Slowik--GL