Les patrons de l'IA à la Maison Blanche mardi, la supervision au menu
Les grands patrons de l'intelligence artificielle (IA) ont rendez-vous à la Maison Blanche mardi pour rencontrer Donald Trump ainsi que le président de la Chambre des représentants Mike Johnson et évoquer notamment la supervision de l'IA, sujet qui divise au sein de la majorité présidentielle.
Mark Zuckerberg (Meta), Sundar Pichai (Google) et le président d'OpenAI Greg Brockman en seront, d'après CNN, tandis que l'AFP a pu confirmer de sources proches du dossier la présence de Dario Amodei (Anthropic) et Jensen Huang (Nvidia).
Elon Musk est aussi attendu à Washington, où il doit participer au lancement, mardi également, d'un nouveau site centralisant, avec le concours de l'IA, les différents services du gouvernement fédéral.
Au menu de la réunion, notamment, la supervision, a révélé lundi Mike Johnson à la chaîne Fox Business, bien que Donald Trump ait officiellement rejeté toute idée de régulation jusqu'ici.
Si l'élu s'est dit opposé à des "limites strictes" ou à un "moratorium" sur le développement de l'IA, il est favorable à "un peu d'encadrement" de la part du Congrès.
"Nous devons impliquer (les grands acteurs de l'IA) dans la discussion sur ce à quoi doivent ressembler ces garde-fous supposés, car ce sont eux qui en savent le plus" sur cette technologie, a fait valoir le chef de file des républicains à la chambre basse.
La série d'incidents rapportés par OpenAI, Anthropic, Google ou Meta ces derniers mois a donné un tour nouveau au débat sur la sécurité de l'IA, au point d'en faire un sujet de campagne à l'approche des législatives du 3 novembre.
Selon un sondage publié par CNN et réalisé mi-septembre, 82% des Américains se disent inquiets du rythme de développement de l'intelligence artificielle.
- "Touche légère" -
La sortie de Dario Amodei appelant, mi-septembre, à ralentir la cadence a été vivement critiquée, par les républicains mais aussi au-delà, bien que Sam Altman (OpenAI), Demis Hassabis (Google DeepMind), Elon Musk et Satya Nadella l'aient soutenu.
Ancienne présidente de l'Agence de protection des consommateurs (FTC) durant le mandat de Joe Biden, Lina Khan, identifiée à gauche, a ainsi rappelé que les entreprises de l'IA s'exposaient à des poursuites en cas de commercialisation d'un modèle mal contrôlé, équivalent à un produit défectueux.
"S'ils pensent qu'ils ont perdu le contrôle (sur leur IA), alors ne sortez pas de produits tant qu'ils ne sont pas sous contrôle", a jugé Jensen Huang, patron du géant américain des puces Nvidia, la semaine dernière.
Pour autant, au-delà de la responsabilisation des sociétés, plusieurs élus du Congrès commencent à relayer de plus en plus ostensiblement les préoccupations de leurs administrés, et pas seulement chez les démocrates.
"Il faut au moins avoir un plan et des garde-fous", a estimé le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, même s'il prône une "touche légère" de régulation.
Le sénateur du Dakota du Sud dit ne pas croire que Donald Trump est "vraiment campé sur sa position" hostile à la supervision de l'IA.
Le président américain veut laisser le champ libre à l'innovation aux Etats-Unis et redoute de voir l'IA contrainte par les pouvoirs publics se laisser rattraper par sa concurrente chinoise.
Au sein même du microcosme IA, deux camps se sont formés. Le premier, celui de Dario Amodei, Sam Altman et Demis Hassabis, qui en appellent aux politiques pour mettre de l'ordre dans cette course folle.
Le second, proche de Donald Trump, compte Jensen Huang ou Mark Zuckerberg et reproche à ces entreprises de se défausser, notamment pour obtenir une exemption de responsabilité en cas de défaillance d'une IA.
Si le sujet commence à mûrir au Congrès, aucune loi n'est à espérer avant l'échéance électorale, la session parlementaire étant suspendue jusque début novembre.
M.Kowalski--GL