Wall Street termine en hausse, l'emploi plaide pour un statu quo de la Fed
La Bourse de New York a clôturé dans le vert vendredi, les mauvais chiffres de l'emploi américain donnant davantage de raisons à la Réserve fédérale (Fed) de temporiser sur les taux.
Le Dow Jones a avancé de 0,49%, l'indice Nasdaq a gagné 1,19% et l'indice élargi S&P 500 a pris 0,73%.
"C'est un grand classique (pour les marchés, ndlr): il ne faut pas se focaliser sur le sens premier, mais plutôt sur le sens secondaire" des données économiques, estime auprès de l'AFP Christopher Low, analyste de FHN Financial.
Le chômage a légèrement grimpé le mois dernier aux États-Unis, passant de 4,1% à 4,2%, et les créations d'emploi ont surpris par leur faiblesse, à 29.000, soit presque trois fois moins qu'escompté.
"C'est mauvais pour l'économie, mais cela pourrait empêcher la Fed de semer le trouble, c'est pourquoi le marché a plutôt bien accueilli" ce rapport, souligne M. Low.
La banque centrale des États-Unis doit veiller à diriger le pays vers le plein-emploi tout en cherchant à maintenir l'inflation autour de 2%.
Ces deux objectifs nécessitent généralement des actions opposées: faciliter le crédit pour faire repartir l'économie et avec elle l'emploi, ou au contraire restreindre les conditions de financement pour calmer les hausses de prix.
Elle a choisi en septembre d'engager un tour de vis monétaire, le premier en trois ans, pour modérer l'inflation.
Mais "le rapport sur l'emploi du mois de septembre a remis en cause le discours sur la résilience économique", note Chris Osmond, du cabinet Fifth Third Wealth Advisors.
L'hypothèse d'un statu quo de la Réserve fédérale en octobre est désormais privilégiée par les investisseurs, avant une possible hausse lors de la réunion suivante, en décembre, selon l'outil de veille CME FedWatch.
Les actions américaines ont profité de cette dynamique parce qu'un environnement monétaire accommodant est propice aux bénéfices des entreprises.
Sur le marché de la dette en revanche, l'effet a été beaucoup plus temporaire. Après être descendu jusqu'à 5,15%, le taux d'emprunt à échéance dix ans de l'Etat américain évoluait à 5,27% vers 20H25 GMT.
"Les inquiétudes concernant l'ampleur du déficit et le fait que l'inflation reste un sujet de préoccupation sont telles" que les rendements ne baissent pas si facilement, estime Christopher Low.
La veille, le dix ans a grimpé jusqu'à 5,34%, un niveau inédit depuis 2002.
Côté entreprises, le spécialiste des véhicules électriques Tesla a gagné 4,65% à 370,59 dollars après avoir fait état de livraisons de voitures supérieures aux attentes au troisième trimestre.
En revanche, le groupe de vêtements et d'équipements sportifs Nike a plongé après avoir publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes et à ceux de l'année passée. Pour rebondir, l'entreprise a prévu "un nouveau modèle opérationnel" qui devrait notamment entraîner des suppressions d'emplois, dont l'ampleur n'a pas été précisée.
Son titre a lâché 3,64% à 33,87 dollars. Sur un an, la chute est vertigineuse, le titre ayant perdu plus de la moitié de sa valeur (-55%).
Les spécialistes des disques durs Seagate (-10,21%) et Western Digital (-10,22%) ont dévissé après un article du média japonais Nikkei assurant que leur concurrent Toshiba allait doubler sa production et investir plus de 380 millions de dollars pour augmenter ses capacités dans ses usines aux Philippines.
T.Chmielewski--GL