La Bourse de Paris entre déroute de la tech et recul des taux d'emprunt
La Bourse de Paris évolue en légère hausse jeudi, tiraillée entre la déroute mondiale des valeurs liées à l'IA, qui plombe STMicroelectronics, et un mouvement de soulagement lié au recul du pétrole et des taux d'emprunt des dettes publiques.
Vers 10H00 (heure de Paris), le CAC 40 prenait 0,30 %, à 7.898,61 points, soit une hausse de 17,72 points. La veille, l'indice vedette parisien avait terminé en hausse de 0,58 %, pour terminer à 7.873,11 points.
"Les investisseurs semblent profiter de chaque occasion pour réduire leurs engagements dans le secteur technologique", résume Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Les entreprises de semi-conducteurs cèdent du terrain sur les grandes places financières. A Paris, STMicroelectronics perdait 6,94 % à 40,06 euros et Soitec 8,10 % à 129,25 euros.
Le secteur est depuis plusieurs mois l'un des moteurs des marchés d'actions, car ces entreprises, qui produisent des composants indispensables aux centres de données, sont les principales bénéficiaires des investissements massifs des géants de la tech dans l'IA.
Or, les investisseurs doutent de plus en plus de la rentabilité à moyen et long terme de ces dépenses, alors qu'aucun modèle économique viable n'a encore été trouvé par les entreprises d'IA. Ils s'interrogent donc sur les valorisations gigantesques du secteur.
Les sociétés développant des infrastructures pour les centres de données dédiés à l'IA reculaient aussi, à l'image de Legrand (-4,80 % à 128,80 euros ) et Schneider Electric (-3,50 % à 255,10 euros) à Paris.
La veille, la publication aux Etats-Unis d'une inflation plus forte que prévu en septembre a ravivé la crainte que la Réserve fédérale américaine (Fed) n'augmente ses taux plusieurs fois jusqu'à la fin de l'année, en commençant dès sa prochaine réunion, fin octobre.
De quoi alimenter "les inquiétudes concernant le financement des infrastructures technologiques, dans un environnement où le coût du capital reste particulièrement élevé", relève John Plassard, chef de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Une part croissante des investissements pour développer l'IA se fait en effet désormais via la dette. Les entreprises technologiques sont donc très sensibles à une augmentation des taux directeurs des banques centrales, qui se répercuterait sur leur propre taux d'emprunt.
- Détente sur les taux -
Ce mouvement de ventes sur les marchés d'actions, considérées comme des actifs risqués, bénéficie en revanche aux obligations, jugées plus "sûres", ce qui fait baisser leurs rendements.
Le rendement français à échéance dix ans reculait ainsi à 4,78 %, contre 4,88 % la veille. Une accalmie bienvenue alors que la dette hexagonale est sous surveillance des marchés depuis plusieurs semaines, en plein débat budgétaire à l'Assemblée nationale.
Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait 3,39%, contre 3,46%.
Le marché obligataire profite aussi d'un recul des prix du pétrole. Vers 10H00, le Brent de la mer du Nord cédait 2,12% à 103,81 dollars.
- Pernod Ricard salué -
Le spécialiste des spiritueux Pernod Ricard était salué en Bourse (+3,27% à 68,22 euros) après la publication de ses résultats du premier trimestre de son exercice décalé.
Malgré un recul de ses ventes, le groupe observe "une amélioration de la dynamique et une croissance du chiffre d'affaires dans plusieurs marchés clés", notamment l'Inde où son chiffre d'affaires trimestriel est à +19 % "porté par une demande soutenue".
Des résultats "suffisamment bons" pour les analystes de Jefferies, qui estiment que ce "1er trimestre devrait marquer le creux de la vague", avant une amélioration.
X.Dabrowski--GL