Amende pour le patron de la CR qui avait appelé à "faire la peau aux écolos"
Le président de la Coordination rurale (CR) Bertrand Venteau a été condamné jeudi à 15.000 euros d'amende dont 10.000 avec sursis par le tribunal correctionnel d'Auch pour avoir déclaré qu'il fallait "faire la peau" aux écologistes.
Le leader syndical s'est ainsi rendu coupable de "provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit", explique la juridiction dans un communiqué, précisant qu'il est également condamné "à verser la somme de 1.500 euros au profit de l'association France nature environnement" au titre des frais de procédure.
"Je vais faire appel", a déclaré M. Venteau à l'AFP, affirmant qu'il ne s'attendait pas "qu'à du bonheur" en candidatant à la présidence du syndicat.
"Je continuerai à combattre ceux qui ont mis à terre l'agriculture ces quarante dernières années, à savoir l'écologie punitive qui a infusé à peu près partout. Je le vis plutôt bien et je n'ai aucun regret ni remord", a-t-il ajouté.
Lors du congrès de la CR le 19 novembre 2025, qui l'a porté à la tête du deuxième syndicat agricole de France, Bertrand Venteau avait déclaré sous les applaudissements: "les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau".
Cette assemblée de la CR "n'était pas réservée à ses seuls membres mais aussi ouverte à d'autres personnes dont la presse", a relevé le tribunal pour expliquer que "la condition de publicité nécessaire pour caractériser l'infraction de +provocation publique+ était remplie".
"La coordination rurale n’est plus au-dessus des lois, les juges ont retenu sa culpabilité", a relevé Anne Roques, juriste pour France nature environnement, dans un communiqué déplorant que de "nombreux faits de violences" aient visé "les locaux de plusieurs associations membres (Nature environnement 17, Indre nature, FNE Limousin)" après les déclarations de M. Venteau.
Par ailleurs, FNE, avec l'association Générations futures, a annoncé jeudi saisir "ce jour le juge civil pour faire retirer plusieurs communications de la Coordination rurale qui appellent à créer des retenues d’eau en toute illégalité et ne pas respecter les arrêtés sécheresse visant une priorisation des usages en cas de manque d’eau important".
"Nous saisissons en urgence un juge pour faire retirer ces appels illégaux des dirigeants de ce syndicat qui doivent cesser de se moquer des lois environnementales", affirme Jean-François Julliard, directeur général de FNE, cité dans le communiqué.
J.Michalak--GL