Renault cède son usine historique de moteurs de F1 de Viry, au belge Dumarey
Clap de fin. Renault, qui avait arrêté fin 2025 de produire des moteurs de Formule 1, a annoncé jeudi qu'il allait vendre l'usine Alpine Racing SAS de Viry-Châtillon (Essonne) au groupe belge Dumarey, aux termes d'un accord prévoyant la "reprise des équipes et des actifs nécessaires à l'exploitation du site".
L'ensemble des effectifs de l'entité, soit environ 150 personnes, serait "ainsi repris par l'acquéreur", a précisé Renault dans un communiqué diffusé jeudi avec Dumarey.
Après l'annonce du retrait de Renault du secteur des moteurs de F1 en 2024, le constructeur au losange s'était engagé à conserver une activité liée à l'ingénierie de pointe et l'innovation dans son site historique Alpine de Viry.
Mais il a depuis été approché par le groupe familial belge spécialisé dans les services d'ingénierie avancée, qui souhaite "diversifier ses activités dans le motorsport et entend renforcer et élargir ses capacités d'ingénierie, en ajoutant une expertise de classe mondiale dans le développement de groupes motopropulseurs haute performance, l'électrification et les technologies de test avancées".
Le projet de rachat a été présenté jeudi aux représentants du personnel lors d'un CSE exceptionnel. L'acquisition par le groupe Dumarey devrait être finalisée à l'issue de la procédure légale d'information-consultation des représentants du personnel et après l'obtention de l'ensemble des autorisations réglementaires requises, indique le communiqué.
Renault s'est engagé à "accompagner cette transaction de manière responsable et dans le respect du dialogue social", indique le communiqué. Dans ce cadre, le maintien des avantages sociaux et salaires devrait être garanti pendant 24 mois, a indiqué une source proche du dossier.
Le centre de Viry-Châtillon est le berceau historique du moteur de Formule 1 en France, avec quatre décennies d'expérience en développement, ainsi qu'une expertise reconnue sur les systèmes de propulsion hybrides et électriques, la simulation, les logiciels et les essais.
S'il a arrêté ses activités dans le domaine de la motorisation de F1, Renault n'a pas pour autant abandonné le secteur de la course de F1.
François Provost, le directeur général du groupe avait indiqué en juin à l'AFP, en marge du Grand Prix de Monaco, que le groupe souhaitait y rester "dans la durée".
Renault qui se fournit désormais auprès de Mercedes en moteur, conserve son écurie de Formule 1, Alpine, basée à Enstone en Grande-Bretagne.
L'usine d'Enstone est spécialisée dans l'aérodynamisme, les composites (carbone), les suspensions, la carrosserie et l'assemblage du monoplace.
"Mon boulot en tant que directeur général, c'est de faire des choix. L'industrie automobile mondiale souffre beaucoup (...) Et pour moi, la priorité, c'est de garder la F1", avait indiqué M. Provost.
Le groupe français compte notamment sur la F1 pour se faire connaître à l'international et améliorer son image en matière de technologie, avait-il souligné.
Renault a décroché 12 titres de champion du monde des constructeurs en tant que motoriste et 11 couronnes planétaires chez les pilotes, les derniers avec Red Bull et l'Allemand Sebastian Vettel en 2013. En 2005 et 2006, l'écurie Renault avait même fait le doublé titre mondial constructeurs et pilotes avec les sacres de l'Espagnol Fernando Alonso.
I.Wroblewski--GL