Le gouvernement demande à TotalEnergies d'être "exemplaire" et de "répercuter" le déstockage des barils
La porte-parole du gouvernement et ministre de l'Energie Maud Bregeon a demandé jeudi à TotalEnergies d'être "exemplaire" et de "répercuter à la baisse" l'impact du déstockage stratégique de gazole par le gouvernement, au micro de BFMTV/RMC, tandis que Marine Le Pen a réclamé des mesures fiscales face aux "profits exorbitants" des entreprises pétrolières.
"On demande à Total d'être exemplaire. On demande à Total de répercuter, encore une fois, à la baisse, l'avantage de la libération des barils, de poursuivre son plafonnement autant que nécessaire, tant que cette crise perdure", a-t-elle déclaré alors que le groupe pétrogazier a annoncé jeudi un bénéfice net record au troisième trimestre de 8,3 milliards de dollars, un résultat dopé par l'envolée des prix des hydrocarbures.
Un bénéfice record qui dénote selon Marine Le Pen "un grave désordre économique et fiscal". La cheffe de file des députés RN a dénoncé sur X jeudi une "économie à deux vitesses" avec "une poignée de multinationales dont l'opulence ne peut s’expliquer uniquement par la rationalité économique ni par le mérite".
Pour la candidate à l'élection présidentielle, la France doit "imposer les surprofits provenant non pas des performances économiques objectives des multinationales mais des conséquences des crises qui frappent le monde".
Le Parti socialiste, qui a également réagi aux résultats de TotalEnergies jeudi sur X, souhaite "encadrer les marges" des entreprises de raffinage afin de faire "baisser le prix à la pompe de 20 à 30 centimes par litre".
La flambée des prix des carburants, due aux tensions géopolitiques accrues, a conduit le gouvernement à puiser dans les stocks stratégiques de la France, achetés avant la guerre au Moyen-Orient à 0,28 euro par litre, soit nettement moins que le prix du marché actuel d'environ 1,10 euro par litre, selon Matignon.
Sébastien Lecornu avait assuré mi-octobre que ce déstockage allait permettre dès le 1er novembre une baisse des prix du gazole de 12 à 18 centimes pour les consommateurs.
Le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné avait réagi en estimant la baisse des prix répercutée par son groupe serait plutôt de l'ordre de "8 à 12" centimes. Il avait ajouté que TotalEnergies maintiendrait un plafonnement des prix à 2,25 euros le litre de gazole pour les particuliers.
Interrogée jeudi sur les bénéfices record de TotalEnergies, accusé notamment par LFI d'être "un profiteur de la guerre", Maud Bregeon s'est réjouie que le pays bénéficie d'"un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l'on traverse", assurant "qu'on aurait tort de sombrer dans le +Total Bashing+" - répétant ainsi le message du gouvernement depuis plusieurs mois.
Afin qu'aucun maillon de la chaîne de distribution "ne puisse faire de gras" sur ce déstockage, selon Maud Bregeon, un arrêté paru au Journal officiel jeudi impose aux distributeurs qui en bénéficient de répercuter l'effet sur leurs prix et surtout, d'informer clairement les consommateurs du montant de cette baisse.
Le gouvernement s'assurera également que "l'ensemble des stations puissent en bénéficier, y compris les stations plus isolées, les stations indépendantes dans les zones rurales", selon Mme Bregeon. "On fera les contrôles et les vérifications" dès "lundi matin", a-t-elle indiqué.
T.Ostrowski--GL