L'UE propose de nouvelles sanctions contre Moscou, ciblant énergie et secteur bancaire
L'Union européenne a proposé vendredi de nouvelles sanctions contre la Russie, ciblant le secteur bancaire et l'énergie, dont une interdiction des services maritimes (maintenance, remorquage, etc.) aux navires transportant du pétrole russe.
"Cela réduira encore davantage les revenus énergétiques de la Russie et compliquera la recherche d'acheteurs pour son pétrole", a assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Le transport maritime étant une activité mondiale, la Commission européenne propose, pour renforcer l'efficacité de cette mesure, qu'elle soit prise en coordination avec les pays qui en seront d'accord, "après une décision du G7", le groupe des sept pays occidentaux les plus industrialisés.
La Russie n'acceptera d'ouvrir des négociations de paix sérieuses "que si elle y est contrainte", a affirmé Mme von der Leyen, en présentant ce nouveau "paquet" de sanctions européennes, le 20ème depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022.
"La Russie continue de répondre à la diplomatie par des missiles. Nous sommes déterminés à rendre ce choix douloureusement coûteux", a renchéri la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas sur X.
Visant principalement le secteur pétrolier russe, dont les revenus financent une grande partie de l'effort de guerre du Kremlin en Ukraine, quelque 43 navires soupçonnés d'appartenir à la flotte fantôme russe de pétroliers, ont été ajoutés à la liste des navires déjà sous sanctions.
Cette liste en comprend désormais 640, selon Mme von der Leyen. Cette flotte fantôme de navires est utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales. Et celles-ci ont de l'effet, assure la Commission européenne. "Les sanctions portent un grave préjudice à l'économie russe. Et chacune d'elles réduit sa capacité à faire la guerre", a assuré Mme Kallas.
- Chute de "24%" -
Les recettes fiscales de la Russie provenant du pétrole et du gaz ont "chuté de 24% en 2025 par rapport à l'année précédente, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2020", selon Bruxelles.
"Nous voulons également interdire les services de maintenance pour les méthaniers et les brise-glaces russes. Cela entravera sévèrement leur capacité à fonctionner de manière fluide", a-t-elle expliqué.
"Nos sanctions fonctionnent, et nous continuerons à les utiliser jusqu'à ce que la Russie engage de sérieuses négociations avec l'Ukraine pour une paix juste et durable", a affirmé de son côté Mme von der Leyen.
Russes et Ukrainiens se sont retrouvés à Abou Dhabi mercredi et jeudi en présence des Américains pour négocier une issue à une guerre qui entre bientôt dans son 1.500ème jour, mais sans avancée majeure.
Concernant le secteur financier, la Commission européenne propose de cibler 20 banques régionales russes supplémentaires et de prendre des mesures visant à limiter le recours aux cryptomonnaies, utilisées pour contourner les sanctions déjà existantes dans le secteur bancaire.
Le financement de son effort de guerre est "le point faible de la Russie, et nous exerçons une forte pression dessus", a assuré la présidente de la Commission.
De nouvelles interdictions d'exportation vers la Russie sont également proposées, allant du caoutchouc aux tracteurs en passant par les services de cybersécurité.
Des interdictions d'importation, pour une valeur de plus de 570 millions d'euros, concernant des métaux, des produits chimiques et des minéraux critiques, non encore sous sanctions, sont également proposées.
La Commission européenne veut aussi activer son outil anti-coercition, une première, pour interdire l'exportation de toute machine-outil à commande numérique ou de radios vers des pays où il existe un risque élevé que ces produits soient réexportés vers la Russie, a encore indiqué Mme von der Leyen. En l'occurrence, le pays visé est le Kirghizstan, selon un responsable européen.
Les 27 doivent encore donner leur accord avant que ces nouvelles sanctions ne puissent entrer en vigueur, avant le 24 février, comme le souhaite la Commission.
Les ambassadeurs des pays de l'UE devraient en discuter dès lundi à Bruxelles, selon des diplomates.
C.Pawlowski--GL