Netanyahu affirme que Khamenei pourrait avoir été tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé qu'il y avait de "nombreux signes" que le guide suprême iranien ait été tué samedi dans l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, qui a riposté en visant plusieurs pays arabes et Israël.
"De hauts responsables israéliens ont été informés de l'élimination de Khamenei. Son corps a été retiré des décombres de son complexe", a rapporté la chaîne publique israélienne KAN. Selon la chaîne 12, "une photo du corps a été montrée à Netanyahu et à Trump".
M. Netanyahu a affirmé qu'il y avait de "nombreux signes" qu'Ali Khamenei avait été tué dans une frappe sur son complexe. De "hauts responsables du régime" et du programme nucléaire iranien ont aussi péri, selon lui.
L'armée israélienne a annoncé samedi soir que sept hauts responsables iraniens avaient été "éliminés" lors des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, parmi lesquels le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, et Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême.
La télévision officielle iranienne n'a pas commenté ces annonces.
M. Netanyahu a en outre appelé les Iraniens à "renverser le régime" de la République islamique.
- "Leçon inoubliable" -
Après les informations faisant état de la mort d'Ali Khamenei, des habitants de Téhéran ont applaudi depuis leurs fenêtres, selon plusieurs témoins.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani a affirmé plus tôt que Téhéran donnerait une "leçon inoubliable" aux Etats-Unis et à Israël après leur attaque.
Face à la crainte d'un embrasement au Moyen-Orient, les appels à une cessation des hostilités se sont multipliés. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir à 21H00 GMT.
Dans un message vidéo annonçant l'opération "Fureur épique" contre l'Iran, Donald Trump avait appelé plus tôt le peuple iranien à "s'emparer du pouvoir".
D'après le chef d'état-major israélien Eyal Zamir, l'opération israélienne, appelée "Lion rugissant", est "sans précédent" et d'une "tout autre échelle" que celle de juin 2025, lorsqu'Israël avait lancé une attaque, déclenchant une guerre de douze jours.
- Inquiétudes internationales -
Le gouvernement iranien avait envoyé plus tôt dans la journée des SMS exhortant les quelque 10 millions d'habitants de Téhéran à quitter la capitale, théâtre de plusieurs explosions dans la matinée.
Le Croissant-Rouge a annoncé la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays, la télévision d'Etat faisant notamment état d'au moins 85 morts dans une école de filles. L'AFP n'a pas pu accéder à cette école et n'était pas en mesure de vérifier ce bilan.
L'ONU, l'UE et plusieurs Etats de la région, dont la Turquie et le sultanat d'Oman, médiateur dans les récentes négociations entre Etats-Unis et Iran, ont appelé toutes les parties à cesser les hostilités.
De nombreux pays de la région ont fermé leurs espaces aériens, entraînant une annulation en série des vols.
A Téhéran, plusieurs fortes détonations ont été entendues par des journalistes de l'AFP. Des ambulances ont été envoyées dans le centre, l'est et l'ouest de la capitale.
"J'entends des explosions et des avions de chasse au-dessus de ma tête", s'affolait dans la matinée un habitant du centre-ville, au ciel chargé d'épais nuages de fumée.
Des habitants se sont précipités chez eux pour se mettre à l'abri, des parents paniqués tentant de récupérer leurs enfants à l'école.
Le Croissant-Rouge iranien a indiqué que plus de 20 provinces, sur les 31 que compte l'Iran, avaient été touchées par les frappes. Des explosions ont été entendues dans les villes d'Ispahan, Chiraz, Qom, Karaj, Kermanshah, Minab, Lorestan et Tabriz, selon les médias iraniens.
- "Menace existentielle" -
En Israël, M. Netanyahu, a justifié l'"opération" par la "menace existentielle" que fait peser selon lui l'Iran. Elle durera "aussi longtemps que nécessaire".
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé après les frappes contre l'Iran avoir lancé "une première vague d'attaques massives" contre Israël.
A Jérusalem et dans plusieurs régions d'Israël, des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP.
Les sirènes d'alerte antiaériennes ont retenti et des personnes ont couru se réfugier dans des abris. Les secours israéliens ont fait état de deux blessés après ces tirs.
Les autorités ont instauré un "état d'urgence spécial et immédiat" et fermé l'espace aérien aux vols civils.
Des responsables iraniens avaient aussi multiplié ces dernières semaines les menaces de frapper les installations américaines dans le Golfe en cas d'attaque des Etats-Unis, qui n'ont pas fait état de victimes samedi parmi leurs ressortissants.
- Le détroit d'Ormuz fermé? -
Dans le Golfe, plusieurs explosions ont retenti à Ryad, Abou Dhabi, Doha, Dubaï, Koweït et Manama, où des colonnes de fumée se sont élevées au-dessus de la zone de Juffair, qui abrite une importante base navale américaine, ont constaté des témoins et journalistes de l'AFP.
L'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis ont dit avoir intercepté des projectiles iraniens et se réserver le droit de répondre à ces tirs. Huit personnes ont été blessées au Qatar.
Les tensions entre Téhéran et Washington, ennemis jurés, se sont accentuées après la répression en janvier d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens.
Washington avait jusqu'à présent privilégié la voie diplomatique, tout en maintenant la pression militaire sur Téhéran avec le déploiement d'une importante force aéro-navale dans le Golfe puis l'envoi en Méditerranée du plus gros porte-avions du monde, le Gerald Ford.
Mais Donald Trump s'était dit vendredi mécontent des négociations engagées début février.
Accusant Téhéran, qui dément, de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour lui interdire l'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.
Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.
Les hostilités pourraient perturber gravement l'approvisionnement mondial d'or noir et faire flamber les prix du baril à des niveaux inédits depuis des années.
Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que le passage des navires par le détroit d'Ormuz, point de passage clé du commerce mondial de pétrole, "n'était pas autorisé", selon la Force navale de l'Union européenne.
A.Walczak--GL