Intelligence artificielle : un plan de 80 millions d'euros pour accompagner le monde du travail
Le ministère du Travail lance mardi un plan pour accompagner le monde du travail dans les mutations liées à l'intelligence artificielle (IA), doté de 80 millions d'euros, une somme qui, en période d'économies budgétaires, sera en partie fléchée vers les centres de formation des apprentis.
Le plan de 12 mesures vise à agir conjointement sur la formation, l'accompagnement des entreprises, le dialogue social et les conditions de travail.
Il procède du constat d'un retard dans l'adoption de l'IA par les entreprises françaises et d'un risque qu'apparaissent de nouvelles fractures, les petites et moyennes entreprises s'en emparant moins que les grandes.
Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 18% des entreprises françaises ont en effet utilisé en 2025 au moins une technologie liée à l'IA, deux fois moins que dans les pays européens les plus avancés.
Alors que le ministère du Travail doit réaliser 2,5 milliards d'euros d'économies dans le cadre du budget pour 2027, les mesures qui ont été choisies sont celles qui offrent le retour sur investissement le plus important et qui permettent de créer un cadre dont d'autres acteurs pourront s'emparer, précise-t-on dans l'entourage du ministre.
La moitié des mesures concerne "l'acculturation" des actifs. Une plateforme gratuite et accessible sans prérequis, Explore IA, sera lancée par Pix - la start up d'Etat qui propose déjà des parcours sur l'IA pour les élèves de 4e et de seconde - pour permettre à tous de tester ses connaissances et de suivre des parcours ludiques sur l'IA.
Une autre plateforme, également conçue par Pix, sera dédiée à la formation des apprentis au sein des CFA (centres de formation des apprentis).
Ces mêmes CFA seront soutenus financièrement pour former davantage aux compétences nécessaires à une accélération de l'adoption de l'IA (développeurs IA, métiers de la cybersécurité...). Dans le projet de loi de finances 2027, un fonds national pour les CFA doit ainsi être créé et une majoration du financement public prévue pour les formations en apprentissage jugées stratégiques.
Les demandeurs d'emploi, quant à eux, doivent bénéficier, via France Travail, d'un test pour mesurer leur "maturité" IA puis se voir proposer un parcours personnalisé.
La réforme du Compte personnel de formation (CPF) doit aussi ériger l'IA en priorité nationale, en multipliant les cofinancements pour limiter le reste à charge des personnes désireuses de suivre une formation sur ce thème.
Des "task forces entreprises" seront chargées de sensibiliser les petites et moyennes entreprises à l'usage de l'IA, notamment en matière de recrutement, et les branches professionnelles accompagnées pour organiser le dialogue social sur ce thème.
K.Pawlak--GL