Macron en visite éclair à Riyad, ultime étape de sa tournée dans le Golfe
Le président français Emmanuel Macron s'est rendu mercredi en Arabie saoudite pour une visite non annoncée, la première d'un chef d'Etat occidental dans le royaume depuis l'intensification des frappes houthies début octobre.
Il a atterri à Riyad peu après 15H00 locales (12H00 GMT), ultime étape d'une tournée dans le Golfe très critiquée en France après les violences du week-end en marge de manifestations contre la "vie chère".
M. Macron s'est entretenu avec Mohammed ben Salmane, prince héritier et dirigeant de facto du royaume, qu'il avait reçu à Paris fin août. Sur des images de la rencontre, qui a duré une heure selon l'Elysée, les deux dirigeants posent côte à côte dans un palais de la capitale saoudienne.
Avant cette visite, restée secrète jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité, le président français s'était rendu au Koweït, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar.
Face aux critiques en France sur le maintien de sa tournée entamée lundi, Emmanuel Macron martèle qu'il est "dans son rôle" avec ce voyage qui visait à sécuriser des approvisionnements en diesel et gaz dans le Golfe afin de faire "baisser la tension" sur les prix à la pompe, une des causes de la colère sociale en France.
De Riyad, M. Macron est reparti avec l'engagement des autorités saoudiennes d'étendre aussi longtemps "que nécessaire" les quantités supplémentaires de diesel promises, s'élevant à hauteur de 95.000 tonnes par mois pour octobre et novembre.
Il a aussi sécurisé la livraison de 200.000 tonnes de diesel par mois aux Emirats et Bahreïn.
Soit un total équivalent à plus de 10% de la consommation mensuelle du pays.
- "Solidarité" -
La visite d'Emmanuel Macron constitue aussi un signal fort de soutien à son allié saoudien : il est le premier chef d'État étranger à se rendre dans la capitale depuis la suspension des vols à l'aéroport de Riyad, le 10 octobre, à la suite d'une attaque meurtrière.
Il s'agit de "marquer la solidarité de la France avec le royaume face aux attaques menées par les Houthis contre son territoire", selon l'Elysée.
Les Houthis pro-iraniens ont multiplié ces dernières semaines les frappes contre les aéroports et les infrastructures énergétiques saoudiennes.
Avant M. Macron, seul le président syrien Ahmed al-Chareh était venu à Riyad, début octobre, et le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi plus tard dans le mois. Et plusieurs rendez-vous internationaux ont été annulés en raison de l'extrême tension sécuritaire sur place.
Mardi, les forces saoudiennes ont encore annoncé l'interception d'un missile balistique visant Ryad et d'un drone, après une alerte à la population.
Cette intensification du conflit intervient après la reprise en juillet de la guerre au Yémen, qui oppose depuis 2014 les Houthis aux forces gouvernementales, soutenues par une coalition dirigée par Ryad.
- "Capacités déployées" -
Face à ces attaques, Emmanuel Macron a annoncé en septembre le déploiement de "soldats, radars et systèmes de défense" français pour "protéger" le port de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d'installations énergétiques de l'Arabie saoudite.
Il a justifié cette décision par la même nécessité de faire baisser la pression sur les marchés pétroliers, la présentant alors comme une opération purement défensive et démentant toute volonté de "s'engager dans le conflit".
"Nous sommes aux côtés de la sécurité et de la défense de l'Arabie Saoudite", a insisté mercredi le président français. "Depuis huit jours maintenant, on a des effectifs qui y sont, des capacités qui sont déployées".
Selon l'Elysée, le royaume "a fait part de sa satisfaction" et "des consultations se tiendront prochainement" sur une éventuelle extension de la coopération.
Si les appels au soutien de Washington sont restés infructueux à ce stade, le Royaume-Uni a lui annoncé cette semaine qu'il allait déployer des avions de combat pour des missions "défensives".
En septembre, les combattants pro-iraniens ont aussi progressé sur la côte yéménite de la mer Rouge, renforçant leur présence près du détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie.
Pour l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, la mer Rouge est devenue une voie d'exportation essentielle depuis le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran, de l'autre côté de la péninsule arabique.
G.Grabowski--GL