Route du Rhum : Violette Dorange dans une nouvelle dimension
Révélation du dernier Vendée Globe, Violette Dorange a enchaîné les bons résultats cette saison à la barre de son premier Imoca à foils. Pour sa première Route du Rhum, l'heure est à la confirmation.
"Aujourd'hui, je sais que je suis capable de mener ce bateau à son plein potentiel. Je connais mieux ses limites et je comprends davantage ce qui peut se passer dans certaines situations", explique à l'AFP la barreuse de 25 ans.
En quelques années seulement, la jeune navigatrice est passée d'une traversée de la Manche en petit Optimist à la dernière édition du tour du monde en solitaire sans escale, qu'elle a bouclé en 90 jours de mer à la 25e position.
Devenue phénomène populaire grâce à ses vidéos pendant "l'Everest des mers", elle a rejoint peu après son retour à terre l'équipe Initiatives Coeur, d'abord aux côtés de la Britannique Samantha Davies puis en début d'année 2026 comme skipper principal.
"C'était la première fois de ma vie que j'avais une équipe pareille. Il y a eu une phase d'entraînement qui a été hyper intense et, en même temps, je me suis dit : +Waouh, j'ai encore tellement de choses à apprendre+", se rappelle Dorange.
- Débuts réussis en foiler -
Elle a dû apprendre une nouvelle façon de naviguer, sur un bateau mis à l'eau en juillet 2022 et surtout équipé de foils, ces appendices latéraux qui permettent de s'élever dans les airs en minimisant la résistance de l'eau.
"Cela va beaucoup plus vite. Par moments, les chocs sont extrêmement violents. Il faut constamment être tenu, porter un casque, trouver des zones amorties dans le bateau. Sinon on peut vraiment se faire mal", souligne-t-elle.
Adepte de course à pied et de sports nautiques en tous genres, elle a redoublé d'efforts pour encaisser le défi physique et beaucoup appris aux côtés de l'expérimentée Davies, restée depuis chez Initiatives Coeur en tant qu'entraîneure.
Dorange a signé deux podiums cette année, sur la 1000 Race et la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne, avant de terminer cinquième du Défi Azimut, dernier rendez-vous entre Imoca en septembre à Lorient.
"Il y a un super bateau et je suis plus affûtée aussi. Pour analyser mes entraînements, j'ai un ingénieur dans l'équipe. La préparation du voilier est meilleure, car on est plus nombreux", reconnait la barreuse.
- "Un bon top 10" -
"Je ne sais pas si j'ai passé un cap, mais je suis en progression depuis des années, et là ça commence à être plus visible dans les classements", dit-elle satisfaite.
Pour son baptême sur la Route du Rhum, la navigatrice née à Rochefort (Charente-Maritime), affiche des ambitions : "On s'est dit qu'un bon top 10, pour nous, c'est envisageable".
Face à elle, plusieurs Imoca de dernière génération, dont certains tout juste sortis de chantier, devraient théoriquement disposer d'un avantage technologique, comme le Charal de Jérémie Beyou, le Macif de Sam Goodchild ou le Groupe Dubreuil de Sébastien Simon.
"Cela va être dur de batailler avec eux. Mais comme ils sont quasiment neufs, ils n'ont peut-être pas les clefs dans toutes les conditions. Nous on a fait le choix de garder le bateau, de l'optimiser et de le fiabiliser", raconte la jeune femme.
Pendant la course, Dorange continuera à envoyer des vidéos de son quotidien, le projet Initiatives Coeur servant avant tout à soutenir l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque.
Mais entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, c'est désormais aussi sur le terrain sportif qu'elle est attendue au tournant.
F.Glowacki--GL