Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, décrue à l'horizon
Deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle à l'échelle européenne, mais quelques départements sortent du niveau d'alerte maximale et une baisse progressive des températures pointe à l'horizon.
Malgré tout vendredi, les effets de l'écrasante chaleur continuaient de se faire sentir: à 09H00, 46.000 personnes restaient privées d'électricité, essentiellement dans les Yvelines (25.000), en Gironde (7.500), et dans les Hauts de Seine (3.000), selon Enedis.
Aux urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou, un des principaux hôpitaux parisiens, la situation "extrêmement grave", a alerté vendredi le chef des urgences Philippe Juvin sur BFMTV/RMC. Le service est sous forte tension en raison de la canicule, selon ce professeur de médecine.
Selon Matignon, "la pression hospitalière se prolongera plusieurs jours". Une "nouvelle cellule interministérielle de crise se réunira cet après-midi".
EDF a par ailleurs annoncé débloquer 80 millions d'euros pour équiper établissements scolaires, crèches et centres de loisirs "en systèmes de rafraîchissement".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vendredi matin sur X que la vigilance se concentrait également "particulièrement sur les personnes isolées à leur domicile", appelant chacun à la "solidarité" et à la "responsabilité individuelle".
Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la chaleur reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint jeudi.
Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.
"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'Est du pays", explique Météo-France, ajoutant que "de l'air plus frais commence à gagner par l'ouest et le nord-ouest".
- Système hospitalier "saturé" -
Des orages ont éclaté jeudi soir dans l'ouest de la France, comme à Rennes où un air frais soufflait vendredi matin, au grand soulagement des habitants après une semaine éprouvante.
"C’est enfin respirable!", s'est rejoui Aurélie Sauvager, 47 ans.
Le préfet de police de Paris a averti qu'il était possible que des événements festifs prévus ce week-end, notamment la Marche des fiertés samedi, soient annulées par arrêté, alors que le système hospitalier est "saturé".
D'ici là, plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi des épreuves du brevet.
Les collégiens pourront, "évidemment", "à tout moment, au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir, de l'eau sera distribuée", a affirmé jeudi sur France 2 le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.
Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu'un "gros travail a été fait" par la France contre le réchauffement climatique, mais qu'on "ne s'adapte pas à un pic" qui n'a "jamais eu d'équivalent dans notre histoire".
La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et au moins 150 millions de personnes en Europe devraient subir des températures de plus de 35°C vendredi, selon une analyse AFP.
Comme la Suisse, le Royaume-Uni a battu son record de chaleur pour un mois de juin, tandis que le service d'ambulances londonien a enregistré son "record historique d'interventions pour des urgences vitales" mercredi.
- "Mortalité en hausse" -
Les conséquences sanitaires commencent à émerger: au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.
De son côté, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée, dans la capitale française où le thermomètre a franchi mercredi pour la quatrième fois en 150 ans les 40°C et a dépassé ce seuil jeudi.
L'activité économique est également perturbée, avec par exemple le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset qui a suspendu sa production dans l'Aisne de mercredi après-midi jusqu'à lundi.
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.
I.Laskowski--GL